7︎ ÉDITION
02—30.11.2026
PARIS ET ÎLE-DE-FRANCE


Photo Days

hors-les-murs
à Venise 


Venice Gardens Foundation, Redentore
28.8.2026 – 19.12.2026


Le Stanze della Fotografia
9.11.2026 – 27.1.2027


Juliette AGNEL

What the Garden Whispers



What the Garden Whispers met en lumière une vingtaine de photographies de Juliette Agnel dans le cadre somptueux du jardin du couvent du Santissimo Redentore sous le commissariat d’Emmanuelle de l’Ecotais.

L’Orto Giardino del Redentore a récemment été restauré par la Venice Gardens Foundation grâce à de nombreux soutiens, parmi lesquels celui de Van Cleef & Arpels. Cet engagement, qui s'inscrit dans un ensemble d'actions en faveur de la restauration et la préservation de jardins, reflète l'attachement de la Maison à la nature, source d'inspiration majeure depuis ses origines.

Mon travail artistique naît d’une écoute attentive du vivant, à l’affût de ces forces subtiles qui nous traversent et que je cherche à rendre perceptibles. Du cosmos au monde sous-terrestre, de l’infini au microcosme, la dimension de l’invisible et du sacré est au cœur de mes recherches. Cette attention au monde végétal s’est d’abord ancrée dans la pratique quotidienne au sein de mon propre jardin de l’Yonne, à travers la confection d’onguents et de macérats, avant de se déployer dans le cadre du projet Dahomey Spirit initié au Bénin. C’est dans le prolongement direct de ces expériences que s’inscrit mon approche du jardin potager de l’Église du Très Saint Rédempteur, qui comportait notamment un « jardin des simples » — autrement dit un jardin de plantes médicinales, aromatiques, tinctoriales, voire « magiques ». Au moyen de la photographie, j’ai cherché à renouer avec sa fonction première en composant des images qui agissent comme un véritable remède visuel.

Réalisées dans le silence et le respect du lieu, de jour comme de nuit, ces photographies visent à déposer dans l’œil du regardeur un onguent réparateur. Trois composants forment les onguents : l’huile, les plantes, et la cire d’abeille. L’olivier s’impose donc pour moi comme le cœur battant du jardin : ce sont ses fruits qui pro- duisent l’huile précieuse, véritable pierre philosophale végétale qui sera la base stable et conduc- trice de mon baume. À cette base végétale sacrée, viennent s’incorporer les principes actifs extraits de l’herbularius (jardin des simples). En butinant l’ensemble du domaine, les abeilles réunissent dans leur cire les quatre visages du jardin des moines : le potager nourricier (avec ses artichauts, ses oignons et ses fenouils), les fleurs utilitaires (le calendula, le bleuet) ou symboliques (rose, pavot, chardon-marie), les plantes médicinales (l’immortelle, la sauge, le romarin), et enfin la douceur ombragée des pomariums traditionnels, ces vergers-cimetières souvent présents dans les jardins monastiques du Moyen Âge, où les fruits de la vie s’épanouissaient sur la mémoire des anciens. Pour lier ces espèces et laisser transparaître l’esprit des lieux, un rituel photographique se déploie en trois temps distincts, où la fumée devient la manifestation physique d’un souffle spirituel. Ce souffle enveloppe d’abord la nuit dans le temps du secret, puis bascule le jour dans un spectre infrarouge qui révèle l’énergie thermique et la vibration cachée des simples, pour enfin se mêler aux rayons du soleil, matérialisant ainsi le flux lumineux. À travers des images d’un rouge pro- fond, l’olivier, symbole de force et d’éternité, incarne cette puissance invisible qui apaise et guérit tous les maux. Au centre de la structure visuelle, l’arbre sur fond rouge évoque le feu de la trans- mutation, une matière lumineuse concentrée, capable de traverser les ténèbres pour initier la guérison.




Venice Gardens Foundation · Redentore 



Le Stanze della Fotografia

www.lestanzedellafotografia.it

Isola di San Giorgio Maggiore
30133 Venezia

tous les jours 11h-19h, fermé le mercredi