Photo Days


Galerie Pixi 

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3/11/2021 – 21/12/2021

Elizabeth LENNARD

Femmes de Pierre & Hommes-objets



Un homme aux traits frappants est entré dans le studio de sculpture du San Francisco Art Institute ou j’étais étudiante. Sa veste de velours noir se détachait des plâtres, tout comme son élégance singulière, dans le San Francisco des années 70. Il se nommait Gérard Dupont, avait été étudiant de Michel Foucault à Paris, et nous sommes devenus amis. Il avait envie de poser comme une sculpture et c’est comme ça, qu’en Californie, j’ai commencé une série d’œuvres photographiques sur les hommes et femmes en poses « mythologiques », rappelant des sculptures. Gérard dans une niche, Jean-Pierre comme Bacchus. Sur un tirage noir et blanc d’une statue d’Hari Krishna, j’avais commencé à appliquer la couleur.

En France, les statues étaient les modèles les plus accessibles : au coin des rues, dans les jardins publics. Certaines, personnages historiques, d'autres mythologiques, ou simplement modèles d'artistes. Parfois, je photographiais des amis déguisés en sculptures.

En 2002, la statue virile de l’artiste, Rosa Bonheur, qui surplombe le jardin botanique de Bordeaux était mon modèle. En 2019, pour « Public Art / Public Memory : Who is Missing ? * », à la Kranzberg Arts Center à St. Louis, Missouri, 3 photographes « exploraient le rôle de l'art public dans l'incarnation de la mémoire collectif, des statues officielles de femmes dans leurs villes respectives : St. Louis, New York, Paris. » Je suis repartie à la recherche de statues de personnalités historiques féminines dans Paris. Je connaissais bien certaines, comme la charmante George Sand ou les reines et poétesses du jardin du Luxembourg. La comtesse de Ségur était cachée dans une prolifération de feuilles.

– Elizabeth Lennard

* Organisée par Jasmin Aber, RA-MA | Rick Bell, FAIA | Maeve Elder, MA





rencontre chez We Are_
Elizabeth LENNARD
 
15/11 à 18h    sur réservation, nombre de places limité

Née à New York, la photographe et réalisatrice Elizabeth Lennard fait de la photographie un pivot vers le cinéma et la peinture, par le biais de photographies peintes ou filmées. Elle commence à prendre des photographies à l’âge de 16 ans. Elle poursuit ses études artistiques au San Francisco Art Institute où elle suit le cours du photoreporter Tony Ray-Jones, dans le cadre duquel elle commence à être attirée par la possibilité de peindre sur ses clichés noir et blanc. Passionnée d’architecture et de lumière, ses tirages racontent l’aventure post-moderne des villes et de leurs bâtiments : du mur de Berlin aux temples siciliens flamboyants de soleil. Ses photos sont en noir et blanc ensuite tirées sur un papier mat et peintes à l’huile. Elle travaille sur l’image jusqu’à ce qu’elle soit satisfaite tout à fait, en cherchant à détruire l’image technique de la photographie.  La colorisation offre à ses images un aspect texturé, une touche vivante qui l’affranchit de la technicité photographique. Selon l’artiste, la couleur permet de s’abstraire du sujet. Ainsi, les murs et immeubles new-yorkais documentent notre réalité tandis que la couleur nous en éloigne. Ces reliques de paysage urbain recèlent une dimension insolite qui trahit la distanciation de l’artiste face à l’aventure post-moderne.



Galerie Pixi · Marie-Victoire Poliakoff
3/11 de 15h à 21h  vernissage en présence de l’artiste