PLACE À LA PHOTO !
DU 3 NOV AU 3 DÉC 2023
À PARIS ET EN ÎLE-DE-FRANCE

Photo Days

Galerie Écho 119

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2/11/2023 – 3/2/2023
2/11 dès 18h  vernissage de l’exposition

Sakiko NOMURA / Tokyo RUMANDO / Sayuri ICHIDA / Emi ANRAKUJI

Radiographie de l'intime



Nous avons l’immense plaisir de mettre à l’honneur quatre femmes photographes japonaises, Tokyo Rumando, Sakiko Nomura, Sayuri Ichida et Emi Anrakuji, à l’occasion d’une nouvelle exposition collective intitulée Radiographies de l’intime.

Observer son corps et celui d’autres que soi, représenter son/les corps, les métamorphoser, défier les perceptions de celles et ceux qui regardent... C’est ce que ces artistes explorent dans leurs séries photographiques, que nous avons choisi d’exposer ensemble pour laisser place à des regards féminins et ouvrir un dialogue photographique sur l’intime et ses représentations, à la fois au Japon et dans la société occidentale.

Chacune à leur manière, Tokyo Rumando, Sakiko Nomura, Sayuri Ichida et Emi Anrakuji portent un regard sur l’intimité. Elles photographient leur propre corps ou celui de leurs modèles dans des mises en scènes dont elles sont à la fois créatrices et actrices, pour interroger et se réapproprier leur(s) identité(s). En pointant l’objectif sur l’intime de manière tantôt frontale, déguisée, métaphorique ou bien dissimulée, elles contribuent à renouveler les représentations du corps féminin, de la nudité, du désir et de la sexualité, encore majoritairement façonnées par le regard masculin.

Si nous avons eu à coeur de réunir ces femmes pour aborder l’intime, c’est aussi parce qu’elles ont toute leur place dans l’histoire de la photographie “personnelle” - ou “shi shashin” telle que nommée par Nobuyoshi Araki pour décrire sa pratique d’une photographie plutôt personnelle que tournée vers l’extérieur -, et que l’on a souvent tendance à rattacher aux noms et aux oeuvres d’hommes : Nobuyoshi Araki, Masahisa Fukase ou encore Shomei Tomatsu. Au même titre que leurs prédécesseurs et contemporains masculins, elles portent une réflexion sur le rapport à la sphère de l’intime dans la culture nippone, particulièrement codifié, voire tabou.

Leurs œuvres témoignent aussi du pouvoir performatif de l’acte photographique. Pour Tokyo Rumando, Sayuri Ichida et Emi Anrakuji, se photographier elles-mêmes est une manière de se réapproprier leur image, leurs émotions et leurs expériences personnelles, parfois traumatiques. Il peut y avoir dans l’autoportrait un processus cathartique, à la fois émancipateur et thérapeutique, une réparation. Dans le travail de Sakiko Nomura, mettre en scène l’intimité des autres peut être une manière d’interroger le regard du spectateur.trice en même temps que son propre rapport à l’érotisme et à la sexualité.

Ce qui réunit ces quatre artistes, enfin, c’est le partage d’un même désir irrépressible : le désir de regarder.



Galerie Écho 119

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